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Jeudi, 11 janvier 2007Le retour aux sources![]() Les lecteurs de longue date le savent bien, le titre « Ouais, c’est pas de bol » n’avait pas été choisi au hasard, au moment de la création de ce blog, en octobre 2004. Depuis lors, pas mal de choses ont changés, mais il en est certaines qui ne changent pas, et ne changeront probablement jamais. Parmi ces dernières, il faut sans aucun doute compter mon irrémédiable propension au manque de bol… L’histoire d’un emménagement, alias « Produits de merde, me voilà »… Lorsque je repense à mes diverses acquisitions et aux défauts des différents produits achetés, je me dis vraiment que ce genre de choses ne peut arriver, dans de telles proportions, qu’à moi, et à moi seul. N’ayant pas plusieurs heures à disposition pour bloguer, je ne vais pas vous conter tous mes malheurs, mais pour illustrer mon propos, j’ai choisi un petit exemple assez parlant… La table à manger Acte 1 Tout a commencé par un coup de cœur, pour une magnifique et élégante table, dans un grand magasin de meubles, à Genève. Bien que les trois premières lettres du nom du magasin indiquent assez clairement l’estime que le magasin accorde à ses clients, ma moitié et moi-même nous sommes laissés séduire, tant cette table répondait à nos attentes. Une jolie couleur de bois foncé, des pieds massifs et deux rallonges afin de pouvoir inviter tous les amis à manger, sans être serrés. Après le « cling » du tirroir-caisse, nous avons emportés notre bien chez nous, heureux… Acte 2 A notre retour à la maison, j’ouvre les cartons et vérifie toutes les pièces. Je constate que le plateau de la table est rayé de bord en bord. C’est pénible, mais ça arrive, gardons le sourire. Je recharge donc tout le fatras dans la voiture et retourne au magasin. Et là, c’est le drame. Je ne sais pas ce qui m’a énervé le plus : les 70 minutes d’attente ou la remarque dont m’a gratifié le responsable du service après vente : « Mais vous savez, avec une nappe ça s’verra pas »… Hum… Et la baffe, tu la veux avec ou sans élan ? Acte 3 Quelques heures seulement après avoir été montée, la table commence à montrer les premiers signes de faiblesse, malgré son aspect de solidité et de robustesse à toute épreuve. Les premiers doutes concernant la qualité des meubles de ce magasin commencent à me titiller l’esprit. C’est lorsque l’un des pieds s’est totalement désolidarisé du reste de la table que le doute a été définitivement balayé par la certitude : c’est une qualité de merde… Je téléphone au service après vente. Une désagréable voix féminine me répond au bout de quelques minutes d’attente. Après avoir expliqué mon problème, la dame m’annonce qu’elle ne peut rien faire pour moi car « le service après vente ne se fait pas par téléphone pour les meubles ». « Ah… » Je me retiens tout juste d’être grossier et demande poliment la marche à suivre pour réclamer la table. S’en suit un dialogue (de sourds) assez invraisemblable : Vendeuse : ramenez les pièces défectueuses au magasin. Moi : mais cela signifie que je dois démonter la table. Est-ce que vous pouvez vérifier que vous ayez toutes les pièces nécessaires en stock ? Vendeuse : non, je ne peux pas le faire par téléphone. Moi : (n’en crois pas mes oreilles) vous ne pouvez pas vérifier dans le système si vous avez les pièces même si je vous donne les numéros de référence ? Vendeuse : non. Moi : mais si je démonte la table et que sur place je me rends compte que toutes les pièces ne sont pas en stock, je serai sans table… Vendeuse : vous pourrez rapporter vos pièces défectueuses chez vous… Moi : le montage et le démontage nécessitent à chaque fois près de deux heures de travail et je n’ai pas que ça à faire. Sans parler du fait que c’est la troisième fois que je devrai aller au magasin à cause de cette table. Ca commence à être pénible… Vendeuse : et vous ne connaissez pas quelqu’un qui puisse vous prêter une table ? Moi : … Acte 4 Retour au magasin avec le pied de la table arraché et commande des pièces de rechange. Au passage, 45 minutes d’attente, mais un vendeur assez sympathique. Acte 5 Quelques repas et une petite fête de Nouvel-An plus tard, le contre-plaqué du plateau de la table commence gentiment à se décoller. Parallèlement, le ras-le-bol atteint petit à petit son paroxysme. Retour au magasin. Après 30 minutes d’attente, c’est mon tour. J’explique mon problème et le responsable répond une chose qu’il n’aurait certainement pas du. C’était quelque chose du style « mais qu’est-ce que vous voulez, vous avez certainement posé un verre humide dessus, ça on ne le change pas. Et puis, vous l’avez acheté il y a plus d’un mois, vous pourriez aussi venir dans 3 ans et nous le réclamer… ». Soudainement, mon pacifisme naturel et mon calme légendaire n’étaient qu’un lointain et vague souvenir. Je ne pourrais plus exactement retranscrire mot pour mot ce que j’ai hurlé durant cinq bonnes minutes, mais en résumé cela exprimait mon grand mécontentement et mon opinion négative concernant les produits, les vendeurs et le service de ce magasin. J’avais du mal à comprendre qu’une table à 500 balles ne résiste pas à un verre d’eau et je ne saisissais pas mieux le concept de « 2 ans de garantie », étant donné le refus du magasin de me changer une pièce un mois seulement après l’achat… Il est assez intéressant de constater à quel point une personne hurlant de toutes ses forces arrive à capter l’attention de son auditoire. A la fin de ma plaidoirie, une vingtaine de personnes et trois vendeurs me regardaient médusés. Heureusement, le responsable du service après-vente s’est assez rapidement ressaisi et m’a assuré qu’il passerait immédiatement commande pour remplacer le plateau défectueux. Et lorsque je lui ai demandé s’il fallait rapporter les pièces défectueuses au magasin au moment où je viendrai chercher les pièces de rechange, il m’a répondu « non, vous n’avez qu’à les jeter à la poubelle ». (A mon avis, cela montre assez bien la valeur du mobilier vendu par ce magasin). Acte 6 L’acte 6 est toujours en cours. En effet, les pièces sont commandées, mais ne sont pas encore arrivées. J’ai cependant bon espoir de les recevoir dans le courant de la semaine prochaine. C’est alors que j’irai pour la quatrième et, j’espère, la dernière fois (de ma vie) dans ce magasin… A noter que j’ai également du changer ma nouvelle télévision (démagnétisée) et qu’un câble a pris feu dans ma nouvelle cuisinière vitrocéramique… Quand je vous dis que ça n’arrive qu’à moi… Humeur : WHY ME ? Photo : « C'est pas de bol », Pont Charles, Prague, République tchèque, septembre 2004 - © Pavel Fosenbauer
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Lundi, 4 décembre 2006And the winner is...![]() Les Genevois connaissent certainement tous l’Escalade et la fameuse course à pied portant le même nom et ayant lieu chaque année, le premier week-end de décembre, en vieille ville. Cette année, près de 30'000 coureurs de tous âges ont foulés les pavés de la ville, devant une foule compacte de spectateurs et de supporters. Parmi ces trente mille personnes, un peu plus de 3'000 ont participés à la catégorie spéciale de la Marmite, la course déguisée. Avec une dizaine d’amis, nous avons été de ceux là. Notre thème était « La boucherie se rebelle ». Nous étions dix animaux échappés de la ferme (poulet, taureau, sanglier noir, sanglier brun, lapin rose, mouton, canard, cochon, âne et vache suisse - moi), tentant de fuir un boucher et ses deux assistants qui nous courraient après, armés d’une hache et d’énormes couteaux. Tout au long du parcours, un fabuleux public nous saluait chaleureusement et nous photographiait abondamment. Après la course, nous avons participés au concours de déguisements de l’Escalade. Après plus d’une heure d’attente et d’un suspense insoutenable (en tout cas pour nous), le jury avait enfin fini de délibérer, annonçant les 5ème, 4ème, 3ème et 2ème places. Puis, enfin, le speaker avait annoncé que la première place revenait à... La Boucherie Se Rebelle ! Un mois et demi de créativité et de travail intensif ont ainsi été récompensés par un bon de 1000 CHF dans un très bon restaurant Genevois. En fin de soirée, une excellente fondue (chez l’un des deux sangliers) a fini de nous achever, après que le « blanc » ait coulé à flots, que la viande séchée et d’autres charcuteries aient été consommées en de très fortes quantités et que le grand gâteau fruité ait été intégralement dévoré par nos soins. Humeur : l’année prochaine la Course de l’Escalade célèbrera sa 30ème édition ; et si tous les blogueurs romands se rassemblaient autour d’un thème pour participer à la course et au concours ? Photo : « Vache Suisse », Course de l’Escalade, Genève, Suisse, décembre 2006 - © Pavel Fosenbauer (senior)
Posté par Jr Prod
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Mercredi, 29 novembre 2006C’est fabuleux, vous ne trouvez pas ?![]() Cela fait 13 ans que je vis en Suisse et cela fait 13 ans que la démocratie directe suisse m’émerveille, jour après jour. Alors que dans les autres pays démocratiques la population peut tout au plus choisir ses représentants, le peuple suisse a également la possibilité de se prononcer sur les sujets importants (référendum obligatoire) ou controversés (référendum facultatif) mais aussi de proposer la modification partielle ou totale de la Constitution Fédérale (Initiative populaire). Le plus remarquable, c’est que les résultats des urnes ne sont jamais contestés, ni par la population, ni par les politiciens du camp des perdants. Un regard dans les autres pays permet de constater que les élections donnent souvent lieu aux mouvements de contestation et aux dénonciations de fraude électorale. Que ce soit dans les pays développés ou dans les pays en développement, les perdants ne manquent pas de s’opposer aux résultats officiels. Il arrive même que les représentants des deux partis annoncent vouloir s’opposer au résultat dans le cas où celui-ci leur serait défavorable (l’un des deux devant perdre, ceci se produit sans surprise) Les élections mises à part, les citoyens des autres pays démocratiques n’ont généralement pas l’opportunité de s’exprimer directement sur la politique de leur pays. Et lorsque, exceptionnellement, ils en ont l’occasion, ils la gâchent en s’exprimant non pas sur le sujet de la votation mais en sanctionant le gouvernement en place. En Suisse, le débat fait souvent rage, sans pour autant que les camps opposés recourent aux slogans haineux vis-à-vis des adversaires ou aux actions violentes pour promouvoir leur point de vue. Les avis divergents sont respectés et le peuple a appris à donner clairement son avis sur les questions posées (il attend les élections communales, cantonales et fédérales pour régler ses comptes avec ses représentants politiques). La répartition de sièges gouvernementaux entre les différents partis change cependant assez peu, car le peuple reste relativement cohérent dans ses choix politiques (1). Cela garantit une bonne stabilité politique, favorisant ainsi également une bonne stabilité économique, ce qui offre un environnement sûr et prospère. La Suisse avance peut-être lentement, mais elle avance sûrement ! Depuis peu, les ressortissants étrangers disposent également du droit de vote dans plusieurs communes helvétiques. Ce droit leur a été octroyé en référendum par les citoyens des communes concernées. Partant du principe que les étrangers établis en Suisse ont autant intérêt à participer à la prospérité de la Suisse que ses propres citoyens, les helvètes ont décidé d’associer ces personnes aux décisions politiques les concernant directement. C’est une très bonne initiative car elle permet une meilleure intégration des ressortissants étrangers en les associant à la vie politique locale. Dimanche dernier, les Suisses se sont prononcés en votations sur un sujet complexe et inédit : la participation financière d’un milliard de Francs suisses à la cohésion européenne. C’est la troisième fois en 18 mois que les électeurs suivent leur gouvernement et soutiennent la voie bilatérale avec l’Union Européenne. Quel autre pays peut se targuer d’en avoir fait autant ? Dans quel autre pays les citoyens se sont-ils prononcés en faveur d’une aide financière destinée aux autres pays ? Dans quel autre pays la population soutient-elle aussi fermement le redressement financier de son Etat, tout en approuvant l’ouverture de ses places de travail aux étrangers ? Dans quel autre pays la population a-t-elle décidé de donner le droit de vote aux ressortissants étrangers ? Imaginez ce type de référendums en France. Que diraient les Français si on leur proposait de donner un milliard aux pays de l’est ? Que répondraient-ils si on leur demandait de voter sur la rigueur budgétaire ? Quel serait leur vote sur les négociations ouvrant leur marché du travail aux ressortissants de 25 autres pays ? Accepteraient-ils d’offrir le droit de vote aux étrangers ? Les fréquentes grèves qui paralysent le pays à chaque fois que le statu quo est remis en question fournissent les premiers éléments de réponses. La montée de l’extrême droite et le monopole des sujets sécuritaires sur le devant de la scène politique en fournissent d’autres. Il est également intéressant de voir les noms que l’on attribue aux gouvernements. Chez nos voisins, les gouvernements sont nommés d’après le premier ministre qui les a constitués. En Suisse, notre gouvernement est toujours appelé « les sept sages ». (2) C’est une anecdote, certes, mais elle est très révélatrice de cet « esprit suisse » qui a mené le pays à sa prospérité actuelle. Pour moi, le système politique Suisse est celui qui s’approche le plus de l’idéal démocratique. Il est complexe et requiert une grande maturité civique de l’électorat, mais il permet au peuple de s’exprimer et au pays de se développer progressivement, sans que les décisions adoptées soient remises en question par les gouvernements successifs. Prochaines votations fédérales : 11 mars 2007 (Initiative populaire fédérale « Pour une caisse maladie unique et sociale »). Humeur : entrer en politique ou ne pas entrer en politique ? (1) La formule magique (2 Radicaux, 2 Socialistes, 2 Démocrates Chrétiens et 1 Démocrate du Centre) a duré de 1959 jusqu'en 2003 !. Son changement en décembre 2003 a été qualifié de « tremblement de terre politique ». Depuis 2003, le gouvernement est composé de 2 Radicaux, 2 Socialistes, 1 Démocrate Chrétien et 2 Démocrates du Centre. (2) Les sept Conseillers Fédéraux sont issus des quatre partis politiques fortement représentés en Suisse, mais durant l’exercice de leurs fonctions au sein de l’exécutif fédéral ils sont au dessus de querelles partisanes. Ils ne représentent plus leurs partis respectifs, mais ils représentent le pays dans son ensemble. C’est le débat, le consensus et la collégialité qui leur permet d’avancer malgré les différences de leurs convictions. Photo : « Beautiful Switzerland », Lucerne, Suisse, juillet 2003 - © Pavel Fosenbauer
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Dimanche, 26 novembre 2006La sagesse, l’une des qualités suisses![]() Je souhaiterais remercier tous mes compatriotes qui sont allés voter aujourd’hui et en particulier tous ceux qui ont voté OUI au milliard de cohésion. ![]() Source infographie : Le Temps Aujourd’hui, le souverain a donc approuvé (du bout des lèvres) le versement d’une aide, d’un montant d’un milliard de Francs suisses, aux dix nouveaux Etats membres de l’Union Européenne. Le peuple suisse confirme ainsi sa volonté de poursuivre sur la voie bilatérale avec l’UE et montre clairement son esprit d’ouverture, de solidarité et de générosité. Humeur : très fier d’être Suisse Photo : Parlement Européen, Strasbourg, France, décembre 2003 - © Pavel Fosenbauer
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