Cela fait maintenant plusieurs semaines que je prévois d'écrire un article sur mon après-midi de "shopping", l'avant dernier weekend de février. Les souvenirs et les émotions se sont un peu effacés depuis, mais la substance reste la même.
J'avais commencé mon samedi par le meilleur achat de l'année ! J'ai nommé: le dernier tome de Harry Potter, sorti ENFIN en espagnol. Le livre a été dévoré en 3 jours, c'est presque dommage que cela se termine avec seulement 630 pages…
En fin de matinée, j'avais alors décidé d'aller faire quelques courses à mon super marché préféré (enfin, surtout celui situé le plus près), El Rey. A première vue, on se croirait en Suisse: il y a des rayons remplis d'articles de consommation courante, on se balade avec un caddie et il y a des caisses à la sortie. Mais les différences sont nombreuses et flagrantes.
Le plus frappant, c'est que le rayon chocolat fait… euh… ben en fait, non, il n'y a pas de rayon chocolat. Il y a 5 ou 6 chocolats différents, et c'est tout. Heureusement, l'un d'eux est Suisse, de Villars, donc tout n'est pas perdu et la survie est garantie.
Deuxième détail intéressant, à l'arrivée aux caisses, les garçons de courses déchargent votre caddie et mettent tous les articles dans les sacs en plastique au fur et à mesure que la caissière passe les code-barres sur la caisse. A la fin, ils se proposent même de tout amener jusqu'à la voiture. Autant dire que le seul effort à faire est d'ouvrir le portefeuille…
Enfin, la clientèle du super marché est également intéressante. J'y ai d'ailleurs fait une rencontre assez inattendue. Depuis, je me suis souvent demandé comment une telle chose se serait déroulée en Suisse, à la Migros par exemple.
.
Alors que j'attendais paisiblement que la caissière passe mes yaourts "Estilo Suizo / Swiss Style" devant la petite loupiote rouge, je sens une chose froide tomber sur ma cheville. Je me tourne et vois une demoiselle bien en forme(s) décharger son caddie. Réflexe européen de gentleman oblige, je me baisse pour ramasser le produit. En me relevant, je me retrouve yeux dans les seins de la sus-mentionnée. Elle saisit alors son fromage et ma main, me gratifie d'un regard rempli de sincérité (un peu comme le Chat Botté dans Shrek, juste avant l'attaque) et me dit de sa voix la plus douce: "cuándo quieras mi amor". Euh… bon ben, ça c'est fait…
J'avoue que je m'attendais à tout en venant en Amérique centrale, mais je n'avais jamais pensé rencontrer une prostituée chassant dans les supermarchés. Cela étant, la caissière n'avait même pas bronché, donc j'imagine que ce n'est pas la première fois qu'elle voyait un tel scénario se produire à la caisse enregistreuse. Toujours est-il que je lui ai présenté mon sourire le plus crispé, ai dit un truc du genre "muy amable, gracias" et m'en suis allé en me demandant si j'avais un tête de gland désespéré à ce point là ou si c'était vraiment du "daily business".
Enfin, le dernier achat de la journée a été ma voiture, mais ce sera le sujet du prochain article…
Humeur : are you talking to me ?
Photo : L'innocente blanche colombe, Provincia de Coclé, Panamá ; © Pavel Fosenbauer, mars 2008