A Cafayate, je me suis, comme d’habitude, illustré par une idée brillante : allons faire du vélo. Louant un VTT pourri à prix d’or, nous nous mettons en route pour atteindre un camping proche de la ville. Le soleil tape fort dès le matin et je me promets de ne plus jamais faire du vélo lorsqu’il fera plus de 35° Celsius à l’ombre. Cependant, lorsque l’on croise les piétons qui font le même chemin que nous, mais qui restent beaucoup plus de temps sur la route surchauffée en terre rouge, je me dis qu’en fin de compte, mon idée n’était pas si bête.
Arrivés au camping, une mauvaise surprise nous attend. La tenancière nous informe, que si l’on veut y laisser nos vélos, il faudra nous acquitter d’une taxe de garde. Nous avons bien sûr la possibilité de laisser nos vélos à côté du camping, mais ils y seront « très certainement » volés. Sur ce, elle lance un rapide coup d’œil à son petit-fils d’une quinzaine d’années, qui nous gratifie d’un sourire innocent. Bon, va pour la taxe, même si cela ressemble fort aux péages de protection pratiqués par la mafia sicilienne…
En sortant du camping, on s’engage sur un petit chemin pour rejoindre les cascades – l’objectif de notre petite excursion. Plusieurs « guides » nous interpellent, nous assurant que nous n’y arriverons jamais seuls et proposant leurs services. Nous décidons de ne plus nous faire arnaquer et d’y aller seuls. Après un début hésitant – les pseudo-guides ayant crées plusieurs chemins en cul de sac pour inciter les touristes à louer leurs services – nous trouvons le bon chemin. Nous progressons à travers la forêt, suivant le cours d’un petit torrent qui serpente entre les rochers et dévale la pente à toute vitesse. Arrivés à la première cascade, nous pensons avoir atteint notre but. C’est alors que surgit un vieux monsieur avec une fauche sur l’épaule et une hache accrochée au ceinturon. Il nous explique que la « vraie » cascade se trouve à quelques kilomètres en amont et nous propose de nous y conduire. Malgré la pleine puissance de nos 26 ans, nous avons du mal à suivre son rythme de montagnard de plus de 70 ans. Il court, s’aidant de temps en temps de ses instruments meurtriers pour éloigner les branches indésirables.
Finalement, au bout de près de 30 minutes de course, nous atteindrons la fameuse cascade. Le vieux nous fait un sourire édenté et repart aussi vite qu’il était apparu. Malheureusement, la cascade est à contre-jour, ruinant ainsi toutes mes tentative de lui faire une jolie photo. Tant pis…
Prochaine excursion : l’incroyable Quebrada de Cafayate…
Photo : Quebrada de Cafayate, (Provincia de Salta) - © Pavel Fosenbauer