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Mercredi, 29 novembre 2006C’est fabuleux, vous ne trouvez pas ?Rétroliens
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Pour les votations de mars 2007, il n'y a qu'à regarder en France pour savoir si le système de caisse unique fonctionne. Personnellement il me semble que c'est la cata chez eux, non?
En meme temps, chez nous c'est pas super non plus... Avec les primes qui augmentent en fleche et les differences abberantes entre les différentes caisses (pas très cool pour les vieux qui peuvent plus trop se permettre de changer, car ils ne sont pas repris autre part, ou sous conditions).
Une caisse unique. Pourquoi pas? J'attends les arguments des "pour" et des "contre" pour me décider... Et c'est quoi la réponse à la dernière question? Manu: Plusieurs des grands problèmes suisses sont des problèmes de société qui touchent le monde occidental, par exemple le vieillissement de la population et l'augmentation des coûts de la santé. Les différences entre les caisses sont une aberration et il faut améliorer le système. Mais il est faux de dire que les vieux ne peuvent pas changer de caisse, ou cela n'est vrai que pour les complémentaires. Pour l'assurance de base (LAMAL) tout le monde peut changer, la nouvelle assurance choisie est obligée d'accepter la personne quel que soit son âge, les conditions sont les mêmes pour tous les assurés de la caisse.
sugus> Je connais bien tout ça. Je me suis farcie une dizaine d'heures de cours sur le système de santé suisse et ses loies et une autre dizaine d'heures sur les autres systèmes de santé il y a pas du tout longtemps. Et en plus, j'ai du tout apprendre par coeur pour un examen, donc ce n'est pas rentré et ressorti aussitot.
bref, légalement oui, les vieux peuvent changer de caisses. mais ils n'ont pas interet s'ils ont des problèmes de santé. la nouvelle caisse a tout a fait le droit de dire "d'accord on vous prends, mais ça on ne paie pas ceci, et ça on ne vous rembourse que 50%". C'est meme arrivé à mon père.
Mea culpa, en fait je me rends compte mtnt que tu as raison, j'ai tout mélangé. Je sors. il faut que j'apprenne à me taire parfois :s
- "Vous aimez pas notre proposition, très bien. Récoltez 500'000 signatures et on vote." C'est quand même beaucoup plus précis pour donner l'opinion des gens que de laisser des manifestations dicter les choix. Par conséquent, ça enlèverait énormément du pouvoir politique des syndicats. - Cela permet aux politiciens une plus grande marge de manoeuvre. Ne pas risquer toute sa carrière à chaque projet de loi, c'est beaucoup plus gratifiant pour l'homme politique. En cas d'erreur, le peuple corrige le tir. - Vu que les politiciens n'ont pas la même vision du monde que le peuple "civil", il est bien qu'eux aussi puissent proposer des initiatives avec le même poids que si elle venait d'en haut. Un vrai pouvoir horizontal plutôt que pyramidal. Et j'ajouterai encore qu'une des choses fantastiques dans notre pays, c'est le fédéralisme. Laisser la plus grande autonomie aux entités les plus petites, c'est un moyen très efficace d'assurer une saine gestion non seulement au niveau économique (regarde le progrès incroyable de la concurrence fiscale) mais aussi au niveau social. Je regrette que cette richesse de notre pays soit de plus en plus grignottée par une volonté malsaine de tout centraliser à Berne, voire, pire, à Bruxelles. Concernant l'idée d'une caisse unique, tu connais mes positions je pense... Ca m'effraie qu'on puisse encore de nos jour vouloir créer des monopoles étatiques. Car il faut bien rapeller que de toutes les situations où une entreprise domine le marché, il n'y a que le monopole étatique qui ne puisse être renversé par la concurrence. N'importe quel utilisateur de l'adsl en suisse peut constater les méfaits de ce type de monopoles. Je suis certes d'accord que l'état actuel de nos caisses maladies n'est pas fantastique, mais je me demande si la solution ne se trouverait pas à l'opposé de ce qui est proposé: laisser le marché des assurances se gérer librement, faire payer plus cher à celui qui veut se sur-médicaliser et inversément, récompenser par des primes basses ceux qui font preuve d'un comportement raisonnable, augmenter la prime des fumeurs, alcooliques ou toxicomanes etc... une offre personalisée où l'on puisse délibérément assumer nos actes et leurs conséquences. A cela s'ajoute que le but premier d'une compagnie privée, ce n'est pas forcément d'assurer la qualité des services, mais surtout de faire des profits. Si certaines société se voient obliger d'assurer une qualité des services c'est uniquement parce qu'autrement les consommateurs le remarqueraient et se barreraient chez la concurrence. Mais dans le cas des assurances, ceci est moins évident étant donné que l'utilisateurs n'a pas forcément idée au moment où il signe (par analogie, on pourrait comparer ceci à la vente de voitures d'occasions par les gargaistes. On sait pas forcément l'état qu'aura la voiture dans quelques mois). Et le problème, c'est que de cette manière les assurances privées vont pouvoir se livrer aux pires abus juste pour gagner plus de fric, et néamoins attirer des clients, notamment avec des primes très basses. L'ultra-libéralisme, c'est pas mal en théorie (laisser faire les choses sans légiférer, de toute façon le marcher finira par se stabiliser de lui-même). Le probème c'est que dans la pratique, l'honnêteté des gens étant ce qu'elle est, ça ne marche jamais comme ça. On va surtout se trouver avec 2-3 géants qui auront réussis à arriver au sommet de la pyramide par tous les moyens et qui vont faire tout ce qu'ils peuvent pour continuer de s'en mettre plein les poches. Pour reprendre ton analogie du monopole de Suisse Com : Certe, mais si on prend un marché voisin, par exemple celui du téléphone mobile, ce n'est guère plus joyeux. Le petit oligopole détennant le marché pratique les tarrifs d'inter-connection les plus élevé en europe. Et vu la situation actuelle (nombre d'antenne, couverture du réseau), difficile pour un nouveau venu de tenter de percer sur le marché suisse. Le coûts initial pour être à la hauteur est prohibitifs. Résultat: la concurrence est limitée et on ne voit pas autant de baisse des coûts qu'espérés. Une autre note dont il faut tenir compte c'est que la situation est différente. Dans le cadre d'une assurance, il y a un certain minimum qu'il faut toujours pouvoir assurer de manière permanante. Une caisse unique, pourrait être la garantie que tous les citoyens bénéficie d'une qualité de service de suffisament bonne qualité. Ceci n'est pas forcément exactement le cas pour les télécommunications, qui elles ne foncitonne pas de manière continue, mais par "bonds", à coût d'investissement. Par moment une nouvelle technologie est introduites (il y a longtemps à l'époque de l'arivée de l'ADSL). Un garant étatique assure que, selon son cahier des charges, tout le territoire suisse devra en bénéficier et pas seulement les 1 ou 2 gros centres les plus lucratifs (genre Zürich et 1 ou 2 grosses villes denses et riches). - Si cela a vriament été rempli reste pourtant à voir, mais bon l'idée est là dans l'ensemble. Une fois l'investissement fait et l'infrastructure construite (avec l'argent du contribuable) le rôle de SuisseCom finit d'être aussi important. Au contraire le marché a besoin de concurrence qui fasse diversifier l'offre et baisser les prix (l'exemple français souvent cité). ...et ceci... jusqu'à la prochaine grosse nouvelle technologie horriblement chère. A la prochaine génération de technologie (internet à 100MBits chez tout le monde ?) il faudra de nouveau un garant étatique qui assure que l'ensemble de la population en bénéficiera. Alors que avec la santé, à tout moment il faut que chacun puisse être solidaire. Finalement concernant ton dernier commentaire sur la segmentation des prix : ahem... et pourquoi pas finalement arriver à un système sans assurance ? Au final ceux qui tombent malades sont systématiquement fautif : ils se droguent, ils sont obèsent, ne prennent pas de vitamines, mangent pas équilibrés, prennent le risque de tomber enceinte, ... Seul les accidents sont excusables car involontaires et de toutes façon ils dépendent d'une autre assurance... Sérieusement, il faut pas oublier que les assurances ont été créée dans un but : la solidarité et le soutient mutuel. La baisse des coûts de la santé pour 1 particulier en répartissant la charge totale sur l'ensemble de la population assurée. De ce fait, de par cette mission, une assurance ce doit d'être indiscriminée. Doser les risques, adapter à une personnes c'est s'éloigner de l'idée "tous à la même enseigne" qu'il y a à l'origine des assurances. D'autant plus que le but d'assurance est de garantir une bonne qualité de soin. Si tu condamne un dépendant à cause de sa dépendance, il aura plus de problème - financier et autre. S'il a des soucis financier suite à une maladie, ça ne va pas l'aider à sortir de son alcoolisme.
Merci à tous pour ce débat fort intéressant. Il faudra le reprendre au moment de la votation afin de discuter les "pour" et les "contre" d'une caisse unique et pour tenter d'imaginer les solutions aux problèmes de l'actuel système d'assurance maladie.
>Gael : oui, je suis assez d'accord avec toi. Etant né dans un pays communiste (et donc dans une économie centralisée et planifiée à outrance), je ne peux qu'être pour une économie de marché forte et sans entraves étatiques (pour avoir vu les horreurs que produit une gestion étatique d'activités devant appartenir au secteur privé). Cela étant, ma copine est médecin et son point de vue s'oppose au mien sur cette question là... >Manu : oui, le problème c'est que lorsqu'il n'y a pas de concurrence, il n'y a pas d'incitations à faire mieux, moins cher et plus efficacement. Un monopole incite à l'immobilisme... Il est vrai que la situation actuelle n'est pas glorieuse. Mais il faut également rappeler que les choses ne se construisent pas du jour au lendemain. Il faut laisse le temps à l'économie de marché d'agir et d'apporter les solutions nécessaires. >Sugus : hehehe, il n'y a pas encore de réponse à la question soulevée... Pour ce qui est de tes précisions concernant la LAMAL, je suis entièrement d'accord. >Manu (re) : tout le monde peut se tromper et c'est bien de reconnaître son erreur. J'en connais qui auraient fait comme si de rien n'était... Bravo ! >Niels : il faut dire qu'à priori nous sommes du même bord politique, sauf que je fais plutôt partie des "modérés". Je suis un fervant partisan de l'économie de marché, mais je reste cependant intimement persuadé du bien fait de certaines institutions étatiques. Je pense que l'Etat est nécessaire et je pense que des prestations tels que l'assurance chômage, l'assurance invalidité, l'assurance vieillesse ou encore l'assurance maternité sont la garantie d'une société solide et unie. A l'image des Cantons au sein de la Confédération, c'est la solidarité des forts / aisés aidant les faibles / modestes qui permet une bonne cohésion nationale et une prospérité accessible au plus grand nombre. Pour ce qui est de l'assurance maladie, je suis d'accord avec toi. Je pense également que les toxicomanes, les alcooliques et les fumeurs sont un fardeau économique pour la société et qu'ils devraient couvrir eux mêmes la majeure partie des frais liées à leur(s) médicalisation(s). Car si je suis pour une vraie solidarité entre forts et faibles au sein de la société, je suis également pour une certaine forme de responsabilité individuelle. Aujourd'hui, tout le monde connaît les dangers du tabac, de l'alcool et de la drogue. Les excuses du type "je ne savais pas" sont par conséquent totalement infondées et abusives, et ceux qui consomment devraient donc assumer pleinement les conséquences de leurs actes en prenant eux-mêmes en charge le financement des soins médicaux nécessaires. >DrYak : je vais commencer par commenter ton ultime remarque, concernant la ségmentation des prix. En effet, la segmentation à outrance serait un danger et n'est pas souhaitable. Je pense cependant qu'une loi pourrait offrir le cadre juridique nécessaire à une ségmentation modérée. Celle-ci toucherait principalement les 3 catégories énumérées ci-dessus. Car il est bien connu qu'un fumeur (pour prendre un exemple précis) a beaucoup plus de risques d'avoir des problèmes cardiaques et pulmonaires. Le risque de cancer et d'autres complications sont également décuplés par rapport aux non-fumeurs. Alors comment justifier que quelqu'un qui bousille volontairement sa santé et pourrit l'air d'autrui (sans parler de la pollution occasionnée par tous les mégits jetés dans la nature, mais ceci est un autre sujet) paye les mêmes primes d'assurance que quelqu'un qui fait régulièrement du sport et tente de vivre sainement ? C'est punir ceux qui font des efforts et récompenser ceux qui n'en font pas. Ce n'est ni juste, ni équitable. Je me permets également de commenter quelques unes de tes remarques : - "On va surtout se trouver avec 2-3 géants" : non, ce serait un cartel ou une situation de quasi-monopole, qui sont tous deux interdits en Suisse (sauf quelques exceptions). - "les assurances privées vont pouvoir se livrer aux pires abus juste pour gagner plus de fric" : c'est pour cela que des associations de consommateurs existent et qu'il est possible de se renseigner sur Internet sur une compagnie d'assurance ou sur ses prestations. Si une compagnie d'assurance abuse, elle sera "punie" par le marché, car les assurés changeront de caisse. - "la concurrence est limitée" : oui, mais comme tu viens de le signaler, les coûts d'entrée sur le marché de la téléphonie sont prohibitifs, car il faut pouvoir proposer un large réseau d'antennes et de succursales. En ce qui concerne les assurances, certaines assurances proposent une prise en charge par Internet. Cela baisse le coût d'entrée sur le marché, puisque cela évite d'avoir à créer un réseau de succursales.
>Niels : ben oui, les cartels sont - à priori - interdits en Suisse. Et c'est la raison d'être d'organismes comme la Commission de la concurrence : www.weko.admin.ch/?lang=fr.
Il est cependant clair que dans de nombreux domaines des situations de quasi-monopole persistent. Et c'est pour cela que de nombreux obstacles (généralement pseudo techniques) se posent sur le chemin de ceux qui essayent de casser ces monopoles ; par exemple de ceux qui tentent de faire des importations paralèles. |