Durant notre retour, nous oublierons un peu la frayeur que nous avons eu durant l’aller. Nous y allons à fond, même dans les parties en descente. On évite les branches, les bûches, les rochers et les trous. Soudainement, nous arrivons aux escaliers. Le chemin est sablé, on freine à fond mais les vélos continuent d’avancer.
On saute les trois premiers escaliers, on arrive à négocier le virage, puis j’entends un énorme bruit suivi d’un « ouch aïe ». Jérôme est tombé à quelques mètres devant moi. Je bloque la roue arrière, puis la roue avant, le vélo dérape mais continue sa folle course vers l’avant. Pas le choix, je ferme les yeux et couche le vélo pour ne pas rouler sur Jérôme. J’effectue un magnifique retourner-glisser méritant l’applaudissement du public et 10 points de juges et m’arrête contre la barrière.
Résultat des courses – c’est le cas de le dire – un gros trou bien profond dans le coude de Jérôme et une cheville en sang pour moi. C’est donc à pied que nous terminerons notre retour. Nous nous ferons dépasser par une dizaine de cyclistes, dont deux qui vont également faire un bisou à la piste. Heureusement que j’ai la pharmacie de voyage sur moi…
Pour la suite, direction à San Martín de los Andes…
Photo : « La main du prisonnier », Zoo de Mendoza (Provincia de Mendoza) - © Pavel Fosenbauer