Cela fait déjà plusieurs années que je n’avais pas fait un « camp vert » - ces petits camps organisés par les maîtres de classe à l’école primaire. La semaine passée j’ai eu l’occasion d’en refaire un, mais cette fois-ci en tant qu’accompagnant bénévole. La semaine a été très éprouvante, mais je me suis vraiment bien amusé. L’inventivité des enfants – ils avaient entre 8 et 10 ans – ne connaissant pas de limites, il a fallu veiller sans cesse au grain, pour éviter que les bêtises ne se muent en catastrophes. Heureusement, tout s’est bien passé et nous avons pu ramener tout le monde en bonne santé.
Nous étions partis lundi matin, deux enseignants, deux accompagnants et quarante et un enfants. Assez rapidement, j’ai remarqué les enfants susceptibles d’être plus « actifs » que les autres. Mon observation s’est avérée correcte dès le lendemain matin, lorsque j’ai été réveillé vers 6 heures par quelques bruits sourds provenant de la pièce du dessus. On aurait dit qu’un troupeau d’hippopotames courrait dans la chambre. Lorsque je suis monté, j’ai constaté que quelques garçons étaient venus rendre visite aux filles – malgré une interdiction formelle annoncée la veille – et qu’ils jouaient à cache-cache toujours habillés de leurs sacs de couchage. Remarquant ma présence, une fille ma gentiment proposé d’amener moi aussi mon sac de couchage et de venir jouer avec eux… J’avoue que j’avais beaucoup de mal à ne pas rigoler. Je n’ai cependant pas pu éviter d’éclater de rire au moment où les « hôtes » sortaient de la chambre en sautant, enroulés dans leurs sacs de couchage. On aurait dit de gros vers de terre se déplaçant à la mode « tigrou ».
La semaine est passée très rapidement. Nous avons fait quelques marches dans les montagnes, quelques jeux, un tournoi de ping-pong, deux séances aux bains thermaux et nous étions déjà jeudi soir, le soir de la « boume ». Nous avons réservés une boîte entière pour les enfants et la soirée était mythique ! Les garçons allaient habillés dans les mêmes habits dans lesquels ils avaient joués au foot durant la journée, alors que les filles étaient toutes joliment habillées, maquillées et coiffées. Dès l’entrée dans la boîte, les filles se sont lancées sur la piste de danse alors que les garçons se sont accumulés autour du bar. Quelques uns ont commandés à boire, d’autres s’intéressaient aux machines proposant des jeux d’observation, mais aucun ne semblait vouloir aller danser avec les filles. Finalement, les efforts du DJ ont payés et les garçons sont également venus se déhancher sur la piste. Il y a même eu un concours de danse entre les filles et les garçons, brillamment remporté par les filles. Après l’annonce de la victoire des filles, le DJ a enchaîné avec les « zloou » (slows). Rigides comme des battes de baseball, les enfants se tenaient à bout de bras, passant lentement d’une jambe à l’autre. C’était trop chou de voir leur premier slow, celui dont ils se souviendront toute leur vie (ou pas).
Nous avons eu droit à tout un répertoire de conneries de la part des enfants. Cela dit, les enfants étaient très sympas et très rigolos, donc la plus grande punition consistait à devoir débarrasser les assiettes après le repas et de balayer la salle à manger.
C’est assez amusant d’observer les enfants. On a l’impression de voir défiler l’histoire de l’humanité devant les yeux. J’ai remarqué que les enfants ne peuvent pas s’empêcher d’arracher tout ce qui pousse à proximité (l’instinct de cueillette ?) et d’écraser les animaux croisés sur le chemin (l’instinct du chasseur ?). De même, que cela soit lors de la distribution de crayons, de cuillères, du pain ou du plat du jour, il y a toujours une bousculade incroyable pour être servi le premier (l’instinct de survie ?). La tendance à la dénonciation est également remarquable. Qu’est-ce qui pousse les enfants à layonner sur leurs copains de classe ? Mystère…
Mais l’information de la semaine, c’est sans aucun doute la qualification de la Suisse aux huitièmes de finale de la Coupe du Monde de football en Allemagne, aux côtés de l’Argentine et d’autres géants de la planète foot. Demain soir « nous » jouerons contre l’Ukraine et j’espère que nous pourrons prolonger cette belle aventure pour quelques jours encore.
Humeur : HOPP SUISSE
Photo : « Joueurs en herbe », quartier de la Boca (Buenos Aires, Argentine) - © Pavel Fosenbauer