
L’aventure a véritablement commencé là, à l’aéroport de Buenos Aires. Car en Amérique latine, rien n’est jamais facile. Ainsi, une action à priori assez simple, comme acheter un billet d’avion et partir pour sa destination, qui en Europe est une question de minutes, peut présenter des difficultés insoupçonnées. En premier lieu, il s’agit de trouver une agence de voyage qui ne profitera pas du touriste-pigeon nouvellement débarqué pour le décharger abusivement de quelques précieux dollars. Ensuite, il faut revenir à l’agence pour chercher son billet, qui n’avait pas pu être imprimé la première fois pour cause de panne d’imprimante. C’est seulement à ce moment là que l’on apprend que les employés de la compagnie nationale sont en grève depuis une semaine déjà et qu’il se pourrait qu’il n’y ait ni avions, ni pilotes au moment du départ. Evidemment, rien ne sert d’aller au siège de ladite compagnie d’aviation nationale. Celle-ci est déjà prise d’assaut par d’autres voyageurs, étrangers et locaux, prodiguant patiemment toujours la même réponse « we don’t know, Sir ».
Arrivés à l’aéroport, l’on découvre les grévistes entrain de lever le camp, plier les bannières et se remettre au travail. La paralysie de la compagnie nationale a coûté quelques millions de dollars à l’Etat et à la compagnie d’aviation, déjà exsangues, mais le salaire des employés à été augmenté et tout semble donc rentrer dans l'ordre. Désireux de rattraper le retard, tous les employés mettent la main à la pâte et les vols reprennent de plus belle. Un peu trop même, puisque notre avion partira une heure à l’avance…
Destination : Trelew
Photo : Aeroparque de Buenos Aires - © Pavel Fosenbauer